Comment reconnaître une vraie fleur de cactus d'une fausse dans un magasin, sachant que je n'en ai jamais vu de vraie sauf avec vos photos... ?
REPONSE
Il existe dans le commerce des cactus décorés avec des immortelles collées ou piquées dans la plante. Ces fleurs, sèches, colorées et de petite taille, restent en l'état du premier janvier à la St-Sylvestre sans évoluer. Les vendeurs jouent sur les mots, en disant que ce sont des fleurs naturelles. Les immortelles sont bien d'origine naturelle, mais ce ne sont pas des fleurs naturelles de cactus !!
Le comble: il y a des gens qui pensent que ces immortelles sont les vraies fleurs de cactus, et quand ils en voient des vraies dans nos serres, ils disent « on dirait des fausses » !
Les vraies fleurs se méritent et sont vivantes: elles grandissent, s'épanouissent, se ferment la nuit et s'ouvrent le jour, puis sèchent et finissent par tomber.
Question 2
Pouvez-vous m'indiquer s'il existe vraiment une variété de cactus qui aurait la propriété de diminuer les radiations électromagnétiques émises par postes T.V. et écrans d'ordinateurs ? Si oui, comment expliquer ce phénomène et quel est le nom précis du cactus en question ?
REPONSE
D'après Blanche Mertz, ancienne directrice du Centre de Géobiologie de Chardonne en Suisse, aujourd'hui décédée, il existe un cactus, qu'on appelle « Cereus peruvianus » ou « Cierge du Pérou », qui aurait la propriété d'absorber les radiations électromagnétiques parasites des écrans cathodiques. Le phénomène se rattacherait à la géobiologie. Il aurait été observé et mesuré par de nombreux scientifiques, professeurs d'universités, en Allemagne, Suisse, Italie ... (pas en France évidemment ! La géobiologie n'y ayant pas bonne réputation…) Pour une action efficace, il faudrait placer un sujet d'une trentaine de centimètres à proximité de l'écran. Les plantes les plus puissantes seraient celles qui présentent six côtes (faces), mais elles sont rares, la plupart des jeunes plantes ayant seulement cinq côtes. D'autres espèces de cierges auraient été testées, mais seraient bien moins efficaces.
Ces informations provenant d'une seule source sont reprises et colportées par de nombreux sites Internet depuis des années, et maintenant par des livres traitant des plantes dépolluantes, mais elles n'ont jamais fait l'objet d'une véritable communication scientifique dans une revue sérieuse. D'autre part, ayant fait l'achat du livre "l'Ame du Lieu" de B. Mertz, j'ai pu me rendre compte que l'auteur était vraiment exaltée par sa passion et ne savait pas ce qu'est vraiment un Cereus peruvianus, ce qui ne l'empêchait pas d'en voir sur les haut-plateaux du Mexique, où la plante n'a pourtant jamais poussé ! Dans la dernière édition de son livre, l'auteur recommandait par ailleurs des Cereus peruvianus monstruosus de 20 cm de hauteur, qui n'ont plus rien à voir avec les Cereus peruvianus à 6 faces du départ. Enfin, les travaux des scientifiques en question ne sont disponibles nulle part sur Internet, donc difficiles à vérifier et à reproduire.
Question 3
Les agaves font-ils partie des succulentes ou des cactus ?
REPONSE
Les agaves appartiennent à la famille des Agavacées, comme les Sansevieria, les Yucca, les Dasylirion et les Nolina. Ce ne sont donc pas des Cactées, mais des succulentes !
Question 4
Jusqu'à combien de temps peut vivre un cactus ?
REPONSE
Il est difficile de donner un âge précis aux très vieux sujets rencontrés dans la nature. A la différence des arbres, il n'existe pas de cernes de croissance quand on tranche un cactus. A partir d'extrapolations, on estime que les plus vieux cactus peuvent atteindre près de 1000 ans, par exemple Cephalocereus senilis ou Copiapoa. Mais la plupart des grosses espèces vivent jusqu'à environ 250 ans quand tout va bien. Les petites espèces ont une durée de vie apparemment plus courte. En culture, il est rare que les plantes atteignent leur âge maximum, les erreurs d'arrosage ou autres finissent par en venir à bout plus sûrement que la sénescence !
Question 5
J'ai un cactus qui est tellement grand qu'il bascule, j'aimerais bien savoir comment on fait pour le couper. Je ne sais pas de quelle race il est mais je vais te faire un petit dessin.
REPONSE
Ton cactus est un Opuntia ou « figuier de barbarie ».
Pour le couper, c'est très simple: tu tailles les palettes qui te gênent avec un sécateur ou un couteau-scie, selon la grosseur. Si tu veux, tu peux t'amuser à les rebouturer, c'est très facile. Tu mets les palettes coupées à sécher trois semaines à l'air libre. Puis tu les replantes dans un pot avec un mélange terreau+sable. Tu arroses légèrement, et les boutures reprennent en quelques semaines. Le meilleur moment pour tailler et bouturer est le printemps. Pour ne pas te piquer avec les épines, saisis les palettes avec une bonne épaisseur de papier journal et mets des gants.
Amuse-toi bien !
Question 6
J'ai une collection de cactus (modeste) qui n'ont rien d'exceptionnel, si ce n'est leur âge puisque je les cultive depuis 10 ans. Soleil ardent l'été dans le coin d'un mur exposé au sud et hivernage au sec dans la pénombre d'une cave (tout le monde n'a pas la chance d'avoir une serre), ce traitement semble développer les caractères intéressants des cactus: aiguillons puissants et colorés, pruine etc..., il semble par contre limiter la vitesse de leur développement.
REPONSE
C'est normal, les rayons UV du soleil ont un effet nanificateur sur les plantes cultivées en plein air. Dans une serre, le verre arrête plus de 90% des UV, tout en emprisonnant les infrarouges, d'où échauffement intense, ce qui fait que les cactus poussent plus vite en serre qu'à l'extérieur (sous nos latitudes). La vitesse de croissance des jeunes plantes est donc difficilement compatible avec le développement des épines et de la pruine, qui servent à protéger les plantes de l'ardeur du soleil. Pour compenser ce phénomène, il est bon d'utiliser un engrais plus riche en azote pour les plantes cultivées en plein air que pour celles qui sont cultivées sous abri. Je rappelle que les Cactées sont des plantes peu exigeantes en azote, elles nécessitent beaucoup plus de phosphore et de potasse, éléments indispensables au métabolisme, à la floraison, à la constitution des épines et à la résistance à la sécheresse. L'azote est, quant à lui, l'élément responsable de la croissance végétative
Question 7
Un liquide blanc s'écoule de mon Notocactus magnificus. De quelle maladie s'agit-il ?
REPONSE
J'ai du mal à imaginer un liquide blanc coulant d'un cactus, même malade. L'explication la plus plausible est que votre plante a attrapé des cochenilles farineuses, qui sécrètent un miellat (déjections sucrées) sur lequel se développe un champignon, la fumagine. Ce champignon est sans danger, mais inesthétique. Par contre, les cochenilles farineuses risquent de faire mourir votre cactus. Il faudrait traiter avec un insecticide anti-cochenilles, mais auparavant, la meilleure chose est de le nettoyer. Pour cela, vous le dépotez, secouez la vieille terre et brossez les cochenilles avec un pinceau-brosse à poils courts. Puis vous rincez abondamment le cactus à l'eau tiède avec une douche coulant suffisamment fort pour décoller le restant des cochenilles. Enfin, vous le faites sécher une journée avant de le rempoter et de le traiter.
Question 8
Dois-je appliquer un traitement préventif aux cactus qui étaient installés dans la même serre malgré la mise en quarantaine de ce Notocactus magnificus ?
REPONSE
Je pense qu'il serait bon de traiter préventivement avec un insecticide, les cochenilles n'étant pas forcément très visibles au début. Si vous avez peu de plantes, vous pouvez utiliser un produit en bombe à base de pypéronyl butoxide + pyrèthre (insecticides d'origine végétale). N'exposez pas les plantes au soleil pendant quelques jours. Pour une collection importante, vous pouvez utiliser un insecticide systémique anti-pucerons ("Confidor J" de Bayer), ou un insecticide spécial cochenilles à base d'huile minérale (avec précaution, car ce type de produit n'est pas adapté à tous les cactus)
Question 9
Voilà le problème actuel que je me pose : j'ai de temps en temps des problèmes (comme tout le monde) avec cochenilles et poux des racines. Traitant avec de l'Ultracide, je commence à avoir peur de ce produit, et donc je voudrais trouver un substitut disponible à la vente dans le commerce et aussi efficace, mais beaucoup moins dangereux pour la santé.
REPONSE
l'Ultracide n'est plus commercialisé. Il a été retiré de la vente et son usage est maintenant interdit.
Je rappelle qu'en raison de leurs carapaces cireuses, les cochenilles sont plus difficiles à détruire que les autres parasites, chenilles ou pucerons par exemple. Pour en venir à bout c'est donc très simple en théorie: il suffit de dissoudre l'enduit cireux qui les protège. C'est pourquoi les préparations anti-cochenilles contiennent de l'huile minérale ou de l'huile de colza.
D'autre part, les plantes atteintes doivent être traitées plusieurs fois, car il n'est pas possible de détruire en une seule fois les adultes, les larves et les oeufs. Chaque fois qu'on le pourra, on décollera le maximum de cochenilles avec un pinceau ou un jet d'eau, avant de procéder à la pulvérisation.
L'huile minérale blanche est un produit bon marché et inoffensif qui, même utilisé seul, donne d'excellents résultats. Ce produit écologique, dont on se servait déjà au XIXème siècle, connaît un retour en grâce. On en trouve dans toutes les jardineries. Malheureusement, l'huile blanche dissout aussi la pellicule cireuse qui recouvre l'épiderme de nombreuses espèces pruineuses. On ne pourra l'utiliser que sur les espèces vertes, et de préférence en traitement d'hiver.
Les anti-cochenilles courants du commerce (produits concentrés à diluer et à pulvériser) sont précisément composés d'huile blanche ou d'huile de colza et d'additifs. Par conséquent, l'utilisation de ce type de produit se fera dans les mêmes conditions que pour l'huile blanche pure: en hiver et sur les espèces vertes. Pour éviter certains dégâts, sur Crassula notamment, on utilisera une dose plus faible que celle préconisée.
Pour une petite collection, on peut utiliser aussi des produits en bombe, prêts à l'emploi. Plusieurs types existent. On préfèrera systématiquement ceux qui contiennent un mélange huile minérale + pyréthrines + pypéronyl butoxide. Les pyréthrines et le pypéronyl sont des extraits de plantes inoffensifs pour l'homme. Ils donnent de très bons résultats et sont moins toxiques pour les végétaux sensibles.
D'autres préparations insecticides sont à base de bifenthrine. Elles ne présentent pas d'inconvénient car elles ne contiennent pas d'huile blanche, mais plutôt des adjuvants qui étalent le brouillard sur les parasites. Leur action sur les cochenilles se limite au stade larvaire.
Alors que tous les produits que je viens de citer sont des produits de contact (efficaces par contact direct) une autre solution consiste à se servir de produits systémiques.
Issus de la recherche chimique, les produits systémiques n'ont pas d'équivalent dans la nature. Ils sont véhiculés par la sève montante, ou bien sont capables de traverser l'épiderme des plantes. De ce fait, ils sont rapidement protégés contre les pluies, et leur durée de vie est plus longue que celle des produits de contact. Très efficaces contre les insectes piqueurs, ils sont généralement homologués contre les pucerons. Mais comme les cochenilles sont aussi des insectes piqueurs, les insecticides systémiques se révèlent également efficaces contre elles.
On utilisera les systémiques de préférence en période de végétation active, et on réservera les produits de contact plutôt pour la période de repos. On peut se servir du même produit toute l'année, mais il vaut mieux varier. De cette façon, il y a peu de chances que des souches résistantes de parasites apparaissent.
Compte tenu de leur toxicité, la plupart des insecticides systémiques utilisés dans les années 1980 à 2000 ont été retirés de la vente. Il en existe un non toxique pour l'homme, le "Pucerons systémique" (Confidor J) de Bayer, disponible en aérosol et petits flacons de concentré à diluer. Vous pouvez en acheter sur ce site ou dans votre jardinerie préférée.
Question 10
J'aimerais savoir, une fois les graines semées, comment les arrose-t-on, si je peux les mettre dehors, au soleil ou pas, sous une serre?
REPONSE
Le semis est une technique délicate, je ne peux pas vous expliquer tout en détail ici, mais en voici les grandes lignes:
Les semis ont besoin d'une atmosphère chaude, humide et ombragée en permanence. La température idéale se situe aux alentours de 20° C la nuit et de 30 °C le jour. Le substrat doit être composé de terreau semis (ou de tourbe blonde) et de sable. Il faut le tremper au moment du semis avec une solution contenant un fongicide, pour éviter la fonte des semis (pourriture). Les graines doivent être légèrement recouvertes de sable fin. Tant que la germination n'est pas terminée, il faut couvrir la terrine ou les pots avec une feuille de verre ou de plastique transparent pour conserver la chaleur et l'humidité. Il existe aussi des mini-serres chauffantes très pratiques pour les semis. Lorsque les graines ont levé, vous pouvez donner un peu d'air, mais veillez à conserver une légère humidité dans la terrine pendant trois mois, le temps que les plantules se développent un peu, en trempant le bas de la terrine, ou avec des vaporisations fréquentes. Par la suite, vous pouvez endurcir progressivement le semis en espaçant les arrosages et en donnant plus d'air et moins de chaleur. Ne le mettez pas en plein soleil, c'est dangereux et inutile pour de très jeunes plantes.